Les monts du Cantal ! La pluie. Le brouillard. Mais aussi ses magnifiques et dépaysants paysages de hautes plaines vertes bosselées. Des fleurs de toutes les couleurs. Les maisons en pierres et leurs toits en lauze. Du fromage. Le calme. Seulement trahit par le tintement des cloches des innombrables vaches. 

 

5 jours sur la route de Grandes Alpes

La route des Grandes Alpes. Le simple fait de prononcer le nom de cette route est pour moi synonyme d’aventures. Je m’imagine le long de routes sinueuses, traversant des paysages de montagnes sauvages. Franchissant les cols au volant de mon van.
Des Ecrins jusqu’au Sud du Mercantour. J’ai un parcours et un programme relativement bien ficelé. Une liste des points d’intérêts et des randonnées que je veux voir. Cinq jours c’est relativement court. Je veux éviter de perdre du temps en organisation pendant le voyage.

Jour 1 et 2 :

Le matin du jour du départ, il pleut. Je décide de modifier mes plans. L’objectif est de rouler rapidement, en empruntant les grands axes routiers, vers le Sud du Mercantour. Tenter de rattraper le soleil. Je commence alors mon voyage par ce qui devait être l’étape finale : Les Gorges de Daluis.
Les gorges de Daluis sont un canyon d’immenses parois de roches rouges de 6 kilomètres, au fond duquel coule le fleuve Var. Une route en balcon vertigineuse ponctuée de 17 tunnels traverse ce paysage et me permet de rejoindre le village de Guillaumes où j’ai prévu de passer deux nuits.
Le lendemain, le soleil est de retour et je pars à la découverte de ce petit collorado. Au départ du pont de Bethéou, le sentier vers l’impressionnant belvédère du point sublime permet une immersion dans l’environnement aride des roches de schiste rouge. Le dépaysement est total. Après l’avoir aperçu d’en haut, on a envie de s’approcher plus près de la rivière qui coule dans les entrailles des gorges. Le trouver n’est pas évident, mais un petit sentier abrupt descend jusqu’à l’eau. Avec les pluies des derniers jours, la rivière s’est transformée en un véritable torrent de boue. Il faut s’aider d’un bâton pour réussir à traverser sans se faire emporter par le courant. Sur l’autre rive, on se retrouve face à la cascade de la Clue d’Amen.

// Les gorges de Daluis //

Jour 3 :

Le matin du troisième jour, je pars tôt en direction le col de la Cayolle. La météo annonce une dégradation du temps en fin de journée. Au col, les nuages sombres ne suffisent pas à me dissuader à partir explorer à pied. Je me mets en route pour le circuit des lacs, au milieu de mille moutons. Je franchis un premier col et découvre un premier lac d’un bleu hypnotisant. La noirceur du ciel et les premiers grondements du tonnerre au loin me font hésiter à rebrousser chemin. Je décide de continuer le long d’un sentier en balcon et découvre un nouveau lac et quelques bouquetins. De la grêle commence à tomber. Je vois le front de pluie qui m’arrive droit dessus. Les éclairs qui transpercent le ciel. Les sommets se saupoudrent d’une fine couche de neige. La montagne change de visage. Elle devient hostile et froide. Au milieu de cette nature qui se déchaine, j’oscille entre peur et admiration. Je presse le pas et attaque la descente sur l’autre versant. Au loin, en contrebas, j’aperçois un homme et sa jument qui marchent dans ma direction. Simon et Balzane. Une rencontre improbable sur ce sentier en pente escarpée, frappé par la pluie. Le début d’une amitié qui un an après existe encore.
De retour au van, je me réchauffe avec une tasse de thé avant de reprendre la route vers l’Ubaye où je dois passer la nuit.

Jour 4 :

Le quatrième jour, je traine à partir. Cette nuit il a gelé et les rayons du soleil trainent à atteindre le camion et à me réchauffer. J’arrive vers midi au col de Vars. Je ne trouve pas tout de suite le départ de la randonnée prévu. Au bout d’une piste de terre, j’abandonne mes recherches. Il commence à être un peu tard pour partir en balade. Je décide que ce sera une journée off. Je grimpe sur le toit du camion et profite tranquillement du soleil. Puis je reprends la route, direction Arvieux, au pied du col de l’Izoard.

Jour 5 :

Le cinquième et dernier jour, je m’engage sur la magnifique route du col de l’Izoard. Je fais demi-tour au col, pour admirer le paysage lunaire de la Casse déserte dans les deux sens de circulation. Puis je gare le van au col et pars découvrir le sentier en balcon qui permet d’accéder au cœur des pitons rocheux qui constituent ce cirque minéral étonnant et dépaysant.
Puis je prends la direction du lac des Souliers. Magnifique petit lac rond autour duquel le rituel veut que les randonneurs inscrivent leurs prénoms à l’aide des pierres.

 

Enfin, je prends la direction de la route du retour en passant par un dernier mais tout aussi magnifique col : le Lautaret. Face à la Meije. Une dernière halte au lac du Pontet facilement accessible depuis Villard d’Arène. Avant de rentrer sur Grenoble. En me promettant de poursuivre cette route l’été suivant.

Aout 2020, je roule en direction de la mer pour la première fois avec le camion. 

Je fais une pause d’une nuit à mi-chemin, dans le Vars. J’ai entendu parler de belles cascades à l’eau turquoise. 

L’eau est si froide que j’ai du mal à rentrer dedans. 

Je reprends la route en direction de la Presqu’île de Giens. Je m’installe pour 5 jours à la Madrague.

On est au mois d’aout, il y a du monde. La mer est à deux minutes à pied. 

Comme d’habitude, mon programme est bien ficelé. 5 jours pour visiter Port-Cros, Porquerolles, découvrir la presqu’ile depuis la mer en canoë, et depuis la terre et surtout, m’initier au snorkelling. 

L’odeur de la crème solaire. Les serviettes de plage sur la corde à linge. Le soleil qui tarde à se coucher. Les cigales. Une guirlande lumineuse qui s’éclaire lorsque le jour s’éteins. Des fourmis dans la poubelle. Le sable qui s’immisce partout. Pas de doute, ce sont les vacances d’été.

Les fins d’après midi sous le brouillard humide des entrées maritimes. Ce moment suspendu juste avant que la nuit tombe. Les nuages se dispersent juste à temps pour les derniers rayons du soleil. Les orages de chaleur grondent au loin. 

Les fonds marins m’attirent autant qu’ils m’effraient. Chaque jour, j’ose m’aventurer un peu plus loin de la crique, un peu plus profond. Là où les rayons du soleil ne percent presque plus. 

J’avais oublié. Le gout de l’eau salée sur les lèvres. La peau qui tire et qui pique. Le soleil qui brule. 

Ma première expérience de canoë en mer. Une mer agitée. Des bras pas assez musclés. Le mal de mer. Heureusement l’après midi, la houle se calme et je découvre les grottes au Sud de la presqu’ile, à l’heure ou l’inclinaison du soleil permet aux rayons de s’infiltrer à l’intérieur. 

J’hisse le canoë sur les parois escarpées, enfile mes palmes et plonge à l’entrée des grottes. 

Première semaine de septembre. C’est la rentrée. Tout s’accélère. Le boulot, le stress, les bouchons du matin, la reprise des activités, de nouveaux lieux, des personnes qui partent, des nouvelles qui arrivent. Fini l’ambiance estivale un peu plus décontractée. C’est la semaine du changement. Et moi le changement, il me faut toujours un peu de temps pour l’assimiler.

A la fin de cette semaine bien chargée, j’avais très envie de changer d’air et de retrouver un peu de calme pour quelques jours. Du coup, direction les gorges du Verdon et le lac de Sainte Croix.

Nous sommes début septembre, tous les campings sont encore ouverts et presque vides. Je n’ai pas envie d’un grand camping touristique impersonnel. Après quelques recherches sur internet je trouve le lieu parfait. Un agriculteur qui complète son activité en accueillant sur sa ferme idéalement placée au bord de l’eau, un nombre limité de visiteur durant les beaux jours. Je ne pouvais pas mieux tomber.

Pendant ces 3 jours, je partage mon temps entre le lac; il n’y a personne, et le silence et vraiment reposant; et la visite des environs.

Les gorges du Verdon

Ce jour là, le temps tourne à l’orage dans l’après midi et je vais visiter les gorges avec le camion en empruntant la route des Crêtes. La pluie battante au début du parcours me dissuade de m’arrêter aux premiers belvédères mais je fais les suivants. Les paysages sont majestueux. On se sent tout petit devant l’immensité de ces gorges bordées de falaises vertigineuses qui atteignent les 700m. Même le Verdon parait minuscule tout en bas. A la fin du parcours, je regrette seulement de ne pas avoir approché la rivière de plus près. Pour compléter la visite de ces gorges, et s’approcher au plus près de l’eau, je vous conseille de faire la traditionnelle ballade en canoë qui permet d’entrer par l’eau dans les gorges. Hors saison de préférence, pour éviter l’autoroute de pédalos et autres embarcations nautiques.  Il y a aussi le fameux sentier Blanc Martel, que je regrette de ne pas avoir fait (ou celui de l’Imbut). Si vous connaissez d’autres moyens d’approcher le Verdon, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire.

Moustier Sainte-Marie

Un joli petit village entouré de collines en restanques plantées d’oliviers. Un rivière qui coule en son centre. Des ruelles provençales. Et une chapelle nichée en hauteur entre les faalaises. Le village a tout une histoire que je vous laisse le soin de découvrir. Il est aussi le point de départ de plusieurs ballades. J’ai beaucoup hésité entre le tour de Moustiers-Sainte-Marie par le ravin notre-Dame et la voie romaine ou le sentier botanique. Ce dernier étant moins long et l’après midi déjà bien avancé, j’ai opté pour la solution la plus raisonnable. C’est un aller-retour sur un sentier relativement plat et agréable qui permet d’arriver au belvédère du Tréguier. Une belle vue vous attend à l’arrivé avec d’un coté les gorges et de l’autre le lac de Sainte Croix.

Je n’ai pax osé m’aventurer sur le sentier Blanc Martel ou celui de l’Imbut toute seule. Mais je suis allée voir à quoi ressemblaient les premiers kilomètres de la randonnée au départ du Point Sublime (qui est normalement l’arrivée).

4

JOURS

4h

TEMPS D’ACCES
DEPUIS GRENOBLE

Hébergement

Un petit camping secret au bord de l’eau.

C’est en arrivant en Haute Savoie ce weekend là que je me suis rendue compte que même si j’adore la Drôme et les Hautes Alpes, ce type de paysage montagnard m’avait manqué. Une végétation plus dense, plus verte, les forêts d’épicéas, la brume, les torrents d’eau glacée. Même les odeurs et les bruits sont différents. Je me sens davantage chez moi.

Après quelques heures à conduire sur des routes sinueuses, j’arrive sur la commune de Sixt-Fer-à-Cheval et m’installe au camping Le Pelly qui se situe directement dans le site naturel du cirque du fer à cheval. Je vous laisse imaginer la vue sur les sommets et les cascades alentours.

J’ai préparé une liste précise des sites naturels que je veux voir dans les environs de Sixt-Fer à Cheval:

– Je commence par les gorges de Tines. Une ballade assez courte qui permet de découvrir les anciennes gorges du Giffre.

– Le lendemain matin, je pars à la cascade du Rouget. La cascade est immense et impressionnante mais…. au bord d’une route et envahit de touristes (des fois j’oublie que je suis une touriste aussi ! ). Un lieu un peu trop fréquenté à mon gout.

– L’après midi, j’enchaine par la balade « du Bout du Monde » dans le site naturel du cirque du Fer-à-Cheval. Au début du sentier, je croise beaucoup de monde sur le chemin du retour, ce qui m’a permis de faire le reste de la balade absolument seule. Ce site est vraiment magnifique. Des cascades qui surgissent d’un peu partout depuis les falaises et qui rejoignent le torrent serpentant en fond de vallée. Un cirque composé de sommets escarpés. Et le tout éclairé d’une lumière de fin de journée. En vérité, la balade du « bout du monde » n’est pas un cul de sac. C’est le départ de randonnées plus complexes qui permettent de prendre de la hauteur et d’accéder aux plateaux et refuge.

Malgré l’importante fréquentation touristique des sites que j’ai visité, j’ai adoré cette région et je reviendrai avec plaisir. Mais je prendrais davantage le temps de découvrir des lieux plus authentiques, moins fréquentés, au lieu de faire un marathon des sites touristiques . C’est peut être le début d’une remise en question de ma manière de voyager. Ce n’est pas toujours facile de trouver le juste équilibre entre programmer les activités du voyage pour ne pas passer à côté de belles choses et se laisser du temps pour flâner, découvrir au grès de ses envies et s’imprégner de l’essence d’un lieu.

Je ne pouvais pas finir ce weekend « sites touristiques » sans passer par les gorges du Fier à Annecy en rentrant. Bien qu’impressionnant, ce site est totalement aménagé (entrée payante) et vraiment très fréquenté (voir oppressant).

3h15 (sans péage)

TEMPS D’ACCES
DEPUIS GRENOBLE

3

JOURS